Aller au contenu
Retour à lieux nordiques

Lieu nordique

Niflheim

Niflheim, Niflheimr en vieux norrois, est surtout décrit dans la Gylfaginning comme un monde primordial de brume et de froid existant avant la formation de la terre. Hvergelmir y alimente les fleuves appelés Élivágar, dont le givre avance vers Ginnungagap.

Il ne faut pas le confondre automatiquement avec Hel ou Niflhel. Snorri rapproche ces espaces et les manuscrits présentent des variantes, tandis que les poèmes utilisent surtout Niflhel : la géographie du monde des morts reste donc moins stable que les cartes modernes ne le suggèrent.

Niflheim noyé de brume et de givre, source Hvergelmir jaillissant entre des falaises glacées

Fiche express

Repères essentiels

Nom vieux norrois
Niflheimr, monde ou demeure de brume.
Source principale
Gylfaginning de Snorri, avec des variantes manuscrites.
Centre hydrologique
Hvergelmir, origine de nombreux fleuves dont les Élivágar.
Relations
Ginnungagap, Muspell, racine d'Yggdrasil, Hel et Niflhel.
01

Un monde antérieur à la terre chez Snorri

La Gylfaginning affirme que Niflheim existait bien avant la formation de la terre. Elle le place dans la direction du nord et l'associe au froid, à l'obscurité et aux eaux issues de Hvergelmir.

Cette description continue appartient à Snorri. Les poèmes eddiques conservent des éléments voisins, mais n'offrent pas la même présentation complète d'un monde primordial nommé Niflheim.

02

Hvergelmir et les Élivágar

Snorri situe Hvergelmir au milieu de Niflheim et énumère de nombreux fleuves qui en sortent. Plus loin, il appelle Élivágar les cours d'eau dont le venin se fige et forme des couches de givre.

Le Vafþrúðnismál connaît également les Élivágar et fait naître de leurs gouttes les premières générations de géants. Le rapport exact entre chaque nom de fleuve et Niflheim est toutefois organisé surtout par la prose de Snorri.

03

Le givre avance dans Ginnungagap

Depuis Niflheim, le givre et les souffles froids progressent dans le vide de Ginnungagap. Depuis Muspell arrivent chaleur et étincelles ; leur rencontre fait fondre le givre et produit les gouttes dont Ymir prend forme chez Snorri.

Niflheim n'est donc pas seulement un décor de glace. Il fournit une matière active de la cosmogonie, opposée mais aussi nécessaire à la chaleur méridionale.

04

La racine d'Yggdrasil

La Gylfaginning fait descendre une racine d'Yggdrasil vers Niflheim, au-dessus de Hvergelmir, où Níðhöggr la ronge. Le Grímnismál propose une répartition différente et place Hel sous l'une des racines.

Ces deux schémas ne se superposent pas parfaitement. La fiche conserve donc la racine de Niflheim comme un élément du système de Snorri plutôt que comme la seule carte possible de l'arbre.

05

Hel, Niflhel et les variantes manuscrites

Snorri fait jeter la fille de Loki à Niflheim et lui donne autorité sur certains morts. Ailleurs, les poèmes emploient Hel ou Niflhel, notamment pour parler d'un lieu situé sous le séjour des morts.

Des manuscrits de l'Edda en prose alternent parfois Niflheim et Niflhel. Il serait donc trompeur de présenter trois royaumes aux frontières exactement connues ou, à l'inverse, trois noms toujours interchangeables.

06

Niflheim n'est pas un enfer de punition unique

La Gylfaginning place des lieux de châtiment comme Náströnd et Hvergelmir dans sa vision de l'après-Ragnarök, mais elle distingue aussi la demeure de Hel et les morts de maladie ou de vieillesse.

Les conceptions nordiques de l'au-delà sont multiples et se sont développées sur plusieurs siècles. Niflheim ne doit donc pas être assimilé sans nuance à l'enfer chrétien ni au destin universel de tous les morts.

Repères

Sources & repères