La création du monde
Le froid de Niflheim rencontre la chaleur de Muspell dans Ginnungagap.
ExplorerLieu nordique
Niflheim, Niflheimr en vieux norrois, est surtout décrit dans la Gylfaginning comme un monde primordial de brume et de froid existant avant la formation de la terre. Hvergelmir y alimente les fleuves appelés Élivágar, dont le givre avance vers Ginnungagap.
Il ne faut pas le confondre automatiquement avec Hel ou Niflhel. Snorri rapproche ces espaces et les manuscrits présentent des variantes, tandis que les poèmes utilisent surtout Niflhel : la géographie du monde des morts reste donc moins stable que les cartes modernes ne le suggèrent.

Fiche express
Cercle lié
La Gylfaginning affirme que Niflheim existait bien avant la formation de la terre. Elle le place dans la direction du nord et l'associe au froid, à l'obscurité et aux eaux issues de Hvergelmir.
Cette description continue appartient à Snorri. Les poèmes eddiques conservent des éléments voisins, mais n'offrent pas la même présentation complète d'un monde primordial nommé Niflheim.
Snorri situe Hvergelmir au milieu de Niflheim et énumère de nombreux fleuves qui en sortent. Plus loin, il appelle Élivágar les cours d'eau dont le venin se fige et forme des couches de givre.
Le Vafþrúðnismál connaît également les Élivágar et fait naître de leurs gouttes les premières générations de géants. Le rapport exact entre chaque nom de fleuve et Niflheim est toutefois organisé surtout par la prose de Snorri.
Depuis Niflheim, le givre et les souffles froids progressent dans le vide de Ginnungagap. Depuis Muspell arrivent chaleur et étincelles ; leur rencontre fait fondre le givre et produit les gouttes dont Ymir prend forme chez Snorri.
Niflheim n'est donc pas seulement un décor de glace. Il fournit une matière active de la cosmogonie, opposée mais aussi nécessaire à la chaleur méridionale.
La Gylfaginning fait descendre une racine d'Yggdrasil vers Niflheim, au-dessus de Hvergelmir, où Níðhöggr la ronge. Le Grímnismál propose une répartition différente et place Hel sous l'une des racines.
Ces deux schémas ne se superposent pas parfaitement. La fiche conserve donc la racine de Niflheim comme un élément du système de Snorri plutôt que comme la seule carte possible de l'arbre.
Snorri fait jeter la fille de Loki à Niflheim et lui donne autorité sur certains morts. Ailleurs, les poèmes emploient Hel ou Niflhel, notamment pour parler d'un lieu situé sous le séjour des morts.
Des manuscrits de l'Edda en prose alternent parfois Niflheim et Niflhel. Il serait donc trompeur de présenter trois royaumes aux frontières exactement connues ou, à l'inverse, trois noms toujours interchangeables.
La Gylfaginning place des lieux de châtiment comme Náströnd et Hvergelmir dans sa vision de l'après-Ragnarök, mais elle distingue aussi la demeure de Hel et les morts de maladie ou de vieillesse.
Les conceptions nordiques de l'au-delà sont multiples et se sont développées sur plusieurs siècles. Niflheim ne doit donc pas être assimilé sans nuance à l'enfer chrétien ni au destin universel de tous les morts.
Récits
Ces pages replacent la figure dans les grands cycles de son panthéon.
Repères
Élivágar, origine des géants et mention de Niflhel sous Hel.
Hvergelmir, cours d'eau et répartition poétique des racines d'Yggdrasil.
Niflheim primordial, Hvergelmir, Élivágar, création, racine d'Yggdrasil et envoi de Hel.
Thèse sur les usages littéraires de Hel, la diversité des représentations de l'au-delà et les harmonisations opérées par Snorri.
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