La création du monde
Le corps d'Ymir forme le cosmos et les premiers humains reçoivent leur demeure.
ExplorerLieu nordique
Midgard, Miðgarðr en vieux norrois, désigne le domaine habité des humains et l'enceinte qui le sépare des puissances extérieures. Le Grímnismál et la Gylfaginning relient cette protection aux sourcils d'Ymir après la mise à mort du géant primordial.
Le lieu n'est pas une planète autonome suspendue à Yggdrasil. Les textes le pensent comme le monde humain organisé au milieu d'une géographie de mers, de marges et de passages dont la représentation varie selon les récits.

Fiche express
Cercle lié
Le nom associe l'idée de milieu à celle d'un espace clôturé ou protégé. Midgard peut ainsi désigner à la fois le monde humain et la limite qui le rend habitable face aux marges.
Cette conception est relationnelle : Midgard existe par opposition à l'extérieur, aux jötnar et à l'océan qui entoure les terres. Les sources ne le décrivent pas comme un globe isolé parmi huit autres planètes.
Le Grímnismál énumère les parties du corps d'Ymir utilisées pour former le monde et précise que ses sourcils deviennent Midgard pour les fils des hommes. La Gylfaginning reprend ce matériau en parlant d'une fortification contre les géants.
Le récit exprime un ordre construit à partir du corps d'une puissance primordiale. Il explique une frontière mythique, non une technique de construction humaine ou une géographie mesurable.
La Völuspá raconte que trois dieux trouvent Ask et Embla sans souffle ni destin, puis leur donnent les qualités nécessaires à la vie. Snorri les place ensuite à Midgard, où leur descendance doit habiter.
Les deux sources ne nomment pas exactement les mêmes donateurs : la Völuspá cite Óðinn, Hœnir et Lóðurr, tandis que Snorri donne les noms Óðinn, Vili et Vé. La fiche conserve cette divergence.
La Gylfaginning fait couler le sang d'Ymir pour former la mer, puis place les terres au milieu d'un océan extérieur. Odin y jette Jörmungandr, qui grandit jusqu'à entourer les terres et saisir sa propre queue.
Le serpent devient ainsi une image de la limite de Midgard, mais le terme Miðgarðsormr ne signifie pas que la créature protège volontairement les humains. Sa libération accompagne au contraire la rupture finale.
Thor affronte régulièrement des jötnar dans les poèmes et les récits de Snorri. La Þrymskviða fait dépendre le retour de Mjöllnir de la capacité des dieux à reprendre l'arme au géant Þrymr.
Son duel contre Jörmungandr rend cette fonction particulièrement visible : Thor détruit la menace au Ragnarök, mais meurt de son venin. La défense de Midgard n'est donc ni facile ni éternelle.
La Völuspá décrit le soleil obscurci, la terre sombrant dans la mer et les flammes montant jusqu'au ciel. Midgard comme ordre humain disparaît avec l'ancien monde.
Le poème voit ensuite une terre verte ressortir de la mer, avec des champs qui poussent sans être semés. Il annonce un renouvellement sans fournir le plan d'une nouvelle Midgard reconstruite à l'identique.
Récits
Ces pages replacent la figure dans les grands cycles de son panthéon.
Repères
Formation du monde, animation d'Ask et Embla, destruction et retour de la terre après le Ragnarök.
Création de Midgard avec les sourcils d'Ymir et répartition des racines d'Yggdrasil.
Corps d'Ymir transformé en terre, mer, montagnes et ciel.
Enceinte de Midgard, premiers humains, océan extérieur, Jörmungandr et Ragnarök.
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