Récit nordique
Thor et Jörmungandr
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Thor et Jörmungandr se rencontrent à plusieurs moments de la tradition nordique. Le serpent entoure Midgard, échappe encore au dieu lors d'une pêche dangereuse, puis devient son adversaire au Ragnarök.
Le Hymiskviða et la Gylfaginning ne terminent pas la pêche de la même façon. Le poème fait frapper le serpent par Thor ; Snorri raconte qu'Hymir coupe la ligne et que Jörmungandr replonge. Les deux versions sont présentées séparément.

Le serpent placé autour du monde humain
Dans la Gylfaginning, Jörmungandr est l'un des trois enfants de Loki et d'Angrboða avec Fenrir et Hel. Les dieux apprennent que cette descendance leur apportera un grand danger.
Odin jette le serpent dans l'océan qui entoure les terres. Jörmungandr grandit jusqu'à encercler Midgard et saisir sa propre queue. Sa position transforme la mer extérieure en frontière vivante du monde humain.
Le chat d'Útgarða-Loki
Lors d'un voyage raconté par Snorri, Thor est soumis à des épreuves dans la halle d'Útgarða-Loki. Il doit notamment soulever un grand chat, mais ne parvient qu'à lui faire quitter le sol d'une patte.
Après le départ de ses visiteurs, le maître du lieu révèle les illusions : le chat était Jörmungandr. Le fait que Thor ait presque soulevé le serpent qui ceint le monde est présenté comme un exploit terrifiant, malgré l'apparence d'échec.
Thor part pêcher avec Hymir
Le Hymiskviða raconte comment Thor accompagne le géant Hymir en mer. Avant le départ, le dieu arrache la tête d'un bœuf pour s'en servir d'appât, tandis qu'Hymir emporte ses propres lignes.
Thor demande d'aller plus loin que les zones de pêche ordinaires (Hymiskviða, strophe 21). La Gylfaginning XLVIII précise qu'Hymir redoute alors le serpent de Midgard ; la page lit cette insistance comme une recherche volontaire de confrontation.
Jörmungandr mord à l'hameçon
Le serpent prend l'appât et Thor tire avec une force telle que, dans le récit de Snorri, ses pieds traversent le fond de la barque et prennent appui sur le fond marin. Dieu et serpent se font face au-dessus des vagues.
Thor saisit Mjöllnir pour frapper. Hymir, épouvanté par Jörmungandr et par le venin qu'il répand, devient le troisième acteur décisif de la scène.
Deux fins pour la pêche
Dans le Hymiskviða, Thor frappe la tête du serpent avec son marteau et la créature replonge ; le poème ne raconte pas qu'Hymir coupe la ligne. La formulation a parfois été comprise comme une mise à mort, mais les autres traditions et le Ragnarök supposent son retour.
Dans la Gylfaginning XLVIII, Hymir coupe la ligne quand Thor lève son marteau. Thor lance ensuite l'arme après le serpent. Le narrateur rapporte une version où la tête aurait été tranchée, puis affirme que Jörmungandr vit encore. Il faut conserver cette hésitation interne à la prose, en plus de la différence avec le poème.
Le duel annoncé au Ragnarök
Lorsque l'ordre du monde s'effondre, Jörmungandr quitte la mer et répand son venin. Thor l'affronte et le tue, accomplissant enfin le combat que la pêche avait laissé inachevé.
La victoire ne sauve pas le dieu. Après neuf pas, Thor tombe, atteint par le souffle ou le venin du serpent. Leur relation forme ainsi un récit complet : frontière contenue, première confrontation interrompue, puis destruction mutuelle.
À retenir
- Jörmungandr, enfant de Loki et d'Angrboða, entoure le monde humain et rencontre Thor dans plusieurs épisodes.
- La pêche avec Hymir oppose Thor au serpent, avec des dénouements qui varient selon les sources.
- Au Ragnarök, Thor tue Jörmungandr, puis succombe lui-même au venin du serpent.
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Sources et passages
Hymiskviða, Edda poétique
Strophes 17–26 : appât, pêche, coup et plongée du serpent. Traduction anglaise de Henry Adams Bellows (1923), dont la numérotation des strophes est suivie ici.
Völuspá, Edda poétique
Strophe 56 : duel de Thor et neuf pas. Traduction anglaise de Henry Adams Bellows (1923), dont la numérotation des strophes est suivie ici.
Snorri Sturluson, Gylfaginning
Chapitres XXXIV, XLVI–XLVIII et LI : famille, chat, pêche et bataille finale. Traduction anglaise d’Arthur Gilchrist Brodeur (1916).