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Figure du cycle héroïque nordique

Regin

Regin, également écrit Reginn, est le forgeron qui élève Sigurd et le dirige vers le trésor de Fáfnir. Il appartient lui-même à la famille déchirée par cet or : Fáfnir est son frère et Hreidmar leur père.

Son classement parmi les figures héroïques renvoie au cycle auquel il appartient. Il ne fait pas de lui un modèle moral : le maître transmet son savoir, mais poursuit aussi ses propres intérêts jusqu’à se retourner contre son élève.

Regin debout dans sa forge, tenant une épée nouvellement forgée

Fiche express

Repères essentiels

Famille
Fils de Hreidmar ; frère de Fáfnir et d’Ótr dans la saga XIV et la prose du Reginsmál.
Rôle
Éducateur de Sigurd et forgeron de Gram.
Présentation
La prose initiale du Reginsmál lui attribue une stature de nain et un grand savoir.
Fin
Tué par Sigurd après l’avertissement des oiseaux : saga XIX, Fáfnismál 32–39 et prose.
01

Un maître artisan à la cour de Hjálprek

Au chapitre XIII de la Völsunga saga, Regin prend en charge l’éducation de Sigurd à la cour de Hjálprek. Il lui apprend des savoir-faire, les runes et plusieurs langues. Au chapitre XIV, il décrit lui-même son habileté à travailler le fer, l’argent et l’or.

La prose initiale du Reginsmál présente également un éducateur savant et habile, de stature naine. Cette description doit rester attribuée à ce passage : elle ne permet pas de confondre Regin avec n’importe quel nain forgeron nommé dans d’autres textes.

02

Le trésor d’une famille déchirée

Regin raconte à Sigurd la mort de son frère Ótr, tué par Loki alors qu’il avait la forme d’une loutre. Les dieux doivent verser à Hreidmar une rançon en or, que Loki obtient d’Andvari. L’or est maudit dans ce récit : sa possession entraîne de nouveaux conflits.

Selon la saga XIV, Fáfnir tue leur père pour s’emparer du trésor, puis refuse à Regin sa part. Regin cherche donc un champion capable de vaincre son frère devenu dragon. Il n’est pas un conseiller extérieur à l’affaire : son enseignement conduit Sigurd vers son propre différend familial.

03

Regin forge Gram ; Sigurd l’éprouve

La saga XV raconte deux épées forgées par Regin que Sigurd brise en les éprouvant sur une enclume. Sigurd obtient alors de sa mère Hjördís les fragments de l’arme de son père Sigmund. Regin les reforge : cette fois, Gram tranche l’enclume sans se rompre, puis coupe une touffe de laine portée par le courant.

La prose placée après la strophe 14 du Reginsmál attribue aussi la fabrication de Gram à Regin et évoque les épreuves de la laine et de l’enclume. Elle ne développe pas à cet endroit les deux premiers échecs et la remise des fragments par Hjördís. La séquence détaillée de la saga ne doit donc pas être présentée comme le récit de chaque témoin.

04

Le cœur de Fáfnir et l’avertissement des oiseaux

Après le combat, Regin demande à Sigurd de rôtir le cœur de Fáfnir. Sigurd se brûle en vérifiant la cuisson et porte son doigt à sa bouche ; au contact du sang, il comprend les oiseaux. Ceux-ci l’avertissent que Regin prépare sa perte. Sigurd tue alors le forgeron, dans la saga XIX comme dans le Fáfnismál, strophes 32–39 et prose qui suit.

Un détail diffère entre les deux textes : dans la traduction consultée de la saga XIX, Sigurd extrait le cœur avec Ridil ; dans la prose précédant la strophe 31 du Fáfnismál, c’est Regin qui le retire avec Rithil. La fiche conserve cette différence au lieu de fabriquer une version unique.

Repères

Sources & repères

Saga médiévale

Völsunga saga — chap. XIII–XV et XVIII–XIX

Éducation, famille, rançon, forge de Gram, combat et mort de Regin. Les vers d’oiseaux ajoutés par les traducteurs à la fin du chapitre XIX ne sont pas utilisés comme preuve indépendante du poème. Traduction anglaise consultée : William Morris et Eiríkr Magnússon, édition de 1888 reproduite par Project Gutenberg ; numérotation de cette édition.

Poème et prose d’accompagnement

Edda poétique, Fáfnismál — strophes 23–39 et prose associée

Dialogue après le combat, extraction du cœur, avertissement des oiseaux et mort de Regin. Traduction anglaise consultée : Henry Adams Bellows, 1923 ; numérotation de cette édition. La prose qui accompagne les strophes est distinguée des notes modernes du traducteur.

Repère iconographique

Illustrations contemporaines

Images d’interprétation créées pour le site. Les visages, les costumes, le décor et l’apparence du dragon ne constituent ni des portraits attestés ni des documents archéologiques.