Aller au contenu
Retour à créatures nordiques

Créature nordique

Fáfnir

Fáfnir est le dragon que tue Sigurd dans le cycle des Völsungar. Son histoire commence dans une famille : fils de Hreidmar, frère de Regin et d’Ótr, il s’empare d’un trésor dont la transmission provoque meurtres et trahisons.

La Völsunga saga et le Fáfnismál ne le réduisent pas à une bête muette. Blessé à mort, il interroge Sigurd, échange avec lui sur des questions de savoir et l’avertit du danger de l’or qu’il va prendre.

Fáfnir dressant sa tête au-dessus de ses anneaux et d’un trésor, à l’entrée d’un antre rocheux

Fiche express

Repères essentiels

Famille
Fils de Hreidmar ; frère de Regin et d’Ótr dans la saga XIV.
Trésor
Or d’Andvari remis à Hreidmar en rançon après la mort d’Ótr.
Lieu du combat
Gnitaheiðr, la lande du récit ; aucune localisation moderne n’est affirmée ici.
Adversaire
Sigurd, armé de Gram forgée par Regin.
01

De la rançon d’Ótr au meurtre de Hreidmar

Dans la saga XIV, Loki tue Ótr alors que celui-ci pêche sous la forme d’une loutre. Hreidmar et ses fils retiennent les dieux et exigent que sa peau soit remplie puis recouverte d’or. Loki prend le trésor d’Andvari, y compris l’anneau qu’il voulait garder ; le possesseur dépossédé maudit cet or.

Fáfnir tue Hreidmar, s’empare de la richesse et refuse de partager avec Regin. Le Reginsmál, dans les strophes 5–14 et la prose qui les relie, raconte lui aussi la malédiction, la mort du père et le conflit des frères. La fortune que Sigurd convoite porte donc une histoire antérieure à son exploit.

02

Un dragon sur la lande

La saga XIV raconte que Fáfnir gagne la lande et prend la forme d’un dragon pour demeurer sur son trésor. Il n’est pas présenté dans ce récit comme un monstre né indépendamment de Regin et de Hreidmar : la métamorphose prolonge le conflit familial.

Au chapitre XVIII, Sigurd suit la trace qu’il laisse lorsqu’il va boire. Le texte décrit sa masse, le sol qui tremble et le venin qu’il souffle. L’image serpentine sans ailes choisie pour la fiche est une interprétation contemporaine ; sa couleur et son anatomie détaillée ne sont pas fixées par ce passage.

03

Le coup porté depuis la fosse et le dialogue

Regin conseille à Sigurd de creuser une fosse sur le passage de Fáfnir. Dans la saga XVIII, un vieillard lui recommande aussi des fossés pour évacuer le sang. Quand le dragon passe, Sigurd frappe sous l’épaule gauche. L’exploit repose sur la préparation de l’embuscade autant que sur la force de Gram.

Fáfnir mourant demande le nom et l’origine de son adversaire. Sigurd cache d’abord son identité puis la révèle. Le dragon l’avertit que l’or causera sa perte et lui signale la menace de Regin. Leur échange comprend aussi des questions sur les Nornes et le combat final : Fáfnir conserve la parole et le savoir jusqu’à sa mort.

04

Le cœur, les oiseaux et l’héritage dangereux

La saga XIX et la prose entourant les strophes 31–39 du Fáfnismál racontent comment Sigurd goûte involontairement le sang du cœur qu’il rôtit, puis comprend les oiseaux. Leur avertissement l’amène à tuer Regin. La prise du trésor ne clôt donc pas la violence provoquée par sa possession.

Les deux textes diffèrent sur l’extraction du cœur : elle revient à Sigurd dans la traduction de la saga consultée, à Regin dans la prose du Fáfnismál. Ils s’accordent sur la cuisson par Sigurd et sur l’avertissement des oiseaux. Après la mort des deux frères, le trésor rejoint le destin du héros.

Repères

Sources & repères

Saga médiévale

Völsunga saga — chap. XIV–XV et XVIII–XIX

Famille, rançon, métamorphose, arme, embuscade, dialogue et prise du trésor. Le dossier s’appuie sur la prose ; les vers d’oiseaux ajoutés par les traducteurs au chapitre XIX sont distingués du texte de la saga. Traduction anglaise consultée : William Morris et Eiríkr Magnússon, édition de 1888 reproduite par Project Gutenberg ; numérotation de cette édition.

Repère iconographique

Illustrations contemporaines

Images d’interprétation créées pour le site. Les visages, les costumes, le décor et l’apparence du dragon ne constituent ni des portraits attestés ni des documents archéologiques.