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Nymphe d’Ogygie et figure du retour

CALYPSO

Calypso est la nymphe qui retient Ulysse sur Ogygie au début de l’Odyssée. Homère la dit fille d’Atlas et la nomme aussi déesse. Elle a recueilli le naufragé, mais le foyer qu’elle lui propose ne remplace pas Ithaque dans son désir.

Son offre d’immortalité donne au retour un enjeu particulier : Ulysse choisit de retrouver son épouse et son pays malgré les épreuves à venir. Le récit montre sa souffrance et la contrainte du séjour, puis l’aide concrète que Calypso apporte à son départ.

Carte d'identité

Filiation homérique
Fille d’Atlas dans l’Odyssée I, 51–54 et VII, 244–245 ; aucune mère nommée dans ces passages.
Demeure
Ogygie, île lointaine du récit, avec grotte, bois et sources.
Durée du séjour
Sept années ; le départ intervient dans la huitième, selon le récit d’Ulysse en VII, 259–266.
Offre à Ulysse
Immortalité et absence de vieillissement s’il reste auprès d’elle, au chant V.

Ogygie, une demeure à l’écart

Au chant I, 44–62, Athéna décrit l’île boisée où vit la fille d’Atlas et où Ulysse demeure loin des siens. Au chant V, 55–74, Hermès découvre une grotte entourée d’arbres, de vigne et de quatre sources. Calypso chante en tissant avec une navette d’or.

La beauté du lieu contraste avec la détresse du voyageur. Lorsqu’Hermès arrive, Ulysse n’est pas dans la grotte : il pleure sur le rivage en regardant la mer (V, 81–84). Ogygie offre un abri, mais reste pour lui un lieu d’éloignement.

Comment Homère décrit Calypso

Le chant V présente Calypso comme une déesse belle et à la belle chevelure (28–31 et 55–80). Ulysse reconnaît sa beauté et la dit immortelle, sans vieillissement (214–218). Ces passages ne précisent ni la couleur de sa peau, de ses yeux ou de ses cheveux, ni les traits détaillés de son visage.

Lorsqu’elle prépare le départ d’Ulysse, elle revêt une longue robe blanche finement tissée, noue une ceinture d’or et pose un voile sur sa tête (V, 228–232). Les illustrations reprennent ces éléments vestimentaires. Leur visage et leur coiffure sont des choix artistiques inspirés de l’univers grec ; ils ne constituent pas un portrait attesté par le texte.

Sept ans auprès de Calypso

Devant Arété, Ulysse raconte avoir été recueilli seul après le naufrage de son navire. Il dit être resté sept années chez Calypso, puis avoir été autorisé à partir lorsque la huitième commençait (VII, 244–266). Ce séjour n’a pas la même durée que l’année passée auprès de Circé.

Le chant V, 148–158, décrit explicitement Ulysse contraint de partager la couche de la nymphe, alors qu’il souhaite rentrer. Présenter toute cette période comme une idylle consentie effacerait ce que dit le narrateur. Le poème associe l’attachement de Calypso à la souffrance du héros retenu.

Hermès transmet la décision de Zeus

À la demande d’Athéna, Zeus charge Hermès d’annoncer le retour d’Ulysse (V, 1–42). Le messager porte l’ordre à Calypso : le héros ne doit pas mourir sur son île, et son destin reste de revoir les siens.

Calypso proteste contre les dieux qui refusent aux déesses des unions avec des mortels. Elle rappelle qu’elle a sauvé et nourri Ulysse, puis accepte la décision de Zeus (V, 97–147). Sa plainte donne voix à son propre désir, sans annuler celui d’Ulysse de partir.

L’immortalité ne remplace pas Ithaque

Calypso affirme qu’Ulysse pourrait demeurer avec elle et devenir immortel. Elle compare sa beauté à celle de Pénélope ; Ulysse reconnaît la différence entre une immortelle et une mortelle, mais maintient son souhait de retrouver sa maison (V, 192–224).

Le choix ne repose donc pas sur la promesse d’une vie plus facile. Ulysse sait qu’il pourra encore souffrir en mer. Dans cet échange, le retour conserve sa valeur malgré la mortalité et l’incertitude qu’il implique.

L’aide au départ et les autres témoignages

Après avoir juré de ne pas lui nuire, Calypso fournit les outils, indique les arbres et apporte la toile nécessaires à la construction du radeau. Elle prépare des provisions, un vent favorable et un repère de navigation parmi les étoiles (V, 159–191 et 228–281). Elle ne construit pas seule l’embarcation : le poème décrit le travail d’Ulysse.

La Théogonie 1017–1018, dans la traduction d’Evelyn-White, attribue à Calypso et Ulysse deux fils, Nausithoos et Nausinoos. Cette notice appartient au poème hésiodique ; le récit homérique du départ ne raconte pas leur naissance. Les deux témoignages restent distingués.

Famille et rencontres

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Sources et passages consultés

Texte antique

Homère, Odyssée I, 11–21 et 44–62

Calypso retient le héros ; filiation avec Atlas et désir d’Ithaque. Traduction anglaise consultée : A. T. Murray, The Odyssey, 1919, reproduite dans la bibliothèque de textes de Theoi. Les numéros de vers suivent cette édition.

Texte antique

Homère, Odyssée V, 1–281

Mission d’Hermès, demeure, tissage, beauté et chevelure (28–31 et 55–80), contrainte du séjour (148–158), immortalité (214–218), robe blanche, ceinture d’or et voile (228–232), construction du radeau. Traduction anglaise consultée : A. T. Murray, The Odyssey, 1919, reproduite dans la bibliothèque de textes de Theoi. Les numéros de vers suivent cette édition.

Texte antique

Homère, Odyssée VII, 244–266

Récit rétrospectif d’Ulysse : accueil, sept années de séjour et départ dans la huitième. Traduction anglaise consultée : A. T. Murray, The Odyssey, 1919, reproduite dans la bibliothèque de textes de Theoi. Les numéros de vers suivent cette édition.

Texte antique

Hésiode, Théogonie 1017–1018

Nausithoos et Nausinoos, fils de Calypso et Ulysse. Notice distincte du départ raconté dans l’Odyssée. Traduction anglaise consultée : Hugh G. Evelyn-White, 1914, reproduite sur Theoi.

Illustration contemporaine

À propos des illustrations

Illustrations originales générées par IA. La tenue reprend l’Odyssée V, 228–232 ; la carte associe cette tenue à la scène de tissage de V, 59–62. Visages, teints, coiffures et compositions sont des interprétations contemporaines, pas des portraits antiques ni des reconstitutions archéologiques.

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