Œdipe et le cycle thébain
Relier les épisodes sans confondre les versions des auteurs.
ExplorerReine du cycle thébain
Jocaste appartient à la maison royale de Thèbes. Épouse de Laïos et mère d’Œdipe, elle épouse ensuite ce dernier sans connaître leur parenté. Dans Œdipe roi de Sophocle, ses paroles font avancer l’enquête qu’elle voudrait finalement arrêter.
Son histoire ne forme pas une biographie unique. Les Phéniciennes d’Euripide la montrent encore vivante lors du conflit de ses fils, tandis que le Pseudo-Apollodore conserve une autre mère possible pour les quatre enfants d’Œdipe.

Fiche express
En Bibliothèque III, 5, 7, Laïos reçoit l’avertissement qu’un fils le tuera. Il engendre pourtant un enfant et le fait exposer après lui avoir percé les chevilles. Recueilli puis élevé à Corinthe, cet enfant est Œdipe.
Sophocle distingue bien cet oracle de celui qu’Œdipe rapporte ensuite : le premier annonce à Laïos sa mort par son fils ; le second annonce à Œdipe le meurtre de son père et l’union avec sa mère. Ce ne sont pas deux formulations interchangeables d’un même message.
Selon la Bibliothèque III, 5, 8, Créon promet le royaume et l’épouse de Laïos à qui délivrera Thèbes du Sphinx. Œdipe résout l’énigme et épouse sa mère sans le savoir.
Cette union réunit dans un même palais des personnages qui ignorent leur histoire commune. Dans Œdipe roi, Jocaste tente de rassurer son époux en invoquant l’échec apparent de l’oracle donné à Laïos ; les détails de son récit réveillent au contraire les soupçons d’Œdipe.
Dans Œdipe roi, le messager venu de Corinthe révèle que le roi n’était pas le fils biologique de ses parents nourriciers. Jocaste comprend le danger de cette révélation et supplie Œdipe d’interrompre ses recherches (1056–1072). Lui interprète encore son inquiétude comme une crainte liée à sa naissance.
Le récit du messager, à la fin de la pièce, annonce la mort de Jocaste par pendaison. Œdipe découvre son corps et se crève les yeux (1235–1285). Ce dénouement appartient à la tragédie de Sophocle ; il ne doit pas être imposé à toutes les versions thébaines.
Le prologue des Phéniciennes d’Euripide fait parler Jocaste après la découverte de l’inceste. Elle tente ensuite de réconcilier Étéocle et Polynice. Elle est donc encore vivante au moment de leur affrontement : cette situation ne prolonge pas le dénouement d’Œdipe roi.
La Bibliothèque III, 5, 8 attribue d’abord Polynice, Étéocle, Ismène et Antigone à Jocaste et Œdipe, puis rapporte que, selon d’autres, leur mère est Euryganie, fille d’Hyperphas. L’arbre propose ces maternités comme des alternatives, et non comme deux mères à additionner. Jocaste reste la mère d’Œdipe dans les deux vues.
Récits
Ces pages replacent la figure dans les grands cycles de son panthéon.
Repères
Parents de Jocaste et Créon, oracles, Sphinx, mariage d’Œdipe et variante Euryganie. Traduction anglaise de James George Frazer, 1921, consultée sur Theoi.
Défense de Créon (582–615), deux oracles (711–725 et 787–793), reconnaissance de Jocaste (1056–1072) et récit de sa mort (1235–1285). Traduction anglaise de F. Storr, Internet Classics Archive ; date de traduction non indiquée sur la page consultée.
Prologue de Jocaste et scène de confrontation entre Étéocle et Polynice : la reine vit encore pendant le conflit. Traduction anglaise d’E. P. Coleridge, Internet Classics Archive ; date non indiquée sur la page consultée. Ces scènes seules fondent la comparaison ici.
Illustration originale générée par IA. Le visage, les vêtements et le palais sont une évocation artistique, pas un portrait antique ni une reconstitution archéologique.
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